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Au gré de ces quelques écrits, nous vous proposons un aperçu des croyances de Sias’ganor, du mythe de la création originelle au cycle de la vie en passant par les religions. Cette page sera enrichie au fil du temps.

Les Croyances de Sias'Ganor

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L'oeuvre d'Amaï

“ Lorsque j’ouvris les yeux, je vis le Chaos, seuls les éléments desquels j’étais née m’en protégeaient encore, tels des gardiens de Feu, de Terre, d’Air et d’Eau. Je n’étais alors qu’une conscience solitaire errant dans l’obscurité qui précéda l’univers, unique lumière du Chaos. Ma première création fut celle de mon propre corps. J’en appelais à la Terre pour le modeler et peu à peu il prit forme, un havre de calme au coeur des éléments. Ce havre, je décidais de le peupler pour atténuer ma solitude et de l’argile de mon propre corps, je façonnais les Vélikans, le Premier Peuple.

 

Les Vélikans étaient des géants de pierre grossiers et diformes, des créatures qui incarnaient la force brute et primordiale. Je ne voyais en eux que le Chaos des origines qui avait été ma seule inspiration et cela m’attristait. De l’Eau, je créais mes larmes pour qu’elles coulent tant que je n’avais atteint la création parfaite et ainsi, pour chacune de mes erreurs, une larme étincelante s’échappait dans le Chaos, peuplant l’obscurité. Ainsi naquit mon firmament.

 

Mes erreurs furent nombreuses et mon corps en était recouvert, de l’Eau naquirent lacs, rivières et mers; de la Terre jaillirent des montagnes et du Feu les volcans; l’Air, suivant une volonté propre se transformait au gré de saisons. Plantes et animaux, plus complexes, vinrent ensuite peupler ces décors, complétant mon oeuvre sans parvenir à me satisfaire. Dans un ultime espoir, je créais les Ominums. Ces êtres bipèdes, que je dotais de conscience, me vénéraient alors, moi Amaï, leur déesse. 

 

Les Ominums terrassèrent les Vélikans. Ils les effacèrent de la face du monde pensant que les géants étaient à l’origine de mon éternelle mélancolie. Cette perte m’attrista cependant bien plus que je ne l’aurais cru car ces géants, malgré leur violence, avaient été eux de les enfants qui me ressemblaient le plus. Malgré ma colère, je ne pu me résoudre à punir les Ominums pour leur acte, il leur fallait un guide plus qu’il ne leur fallait de punition, mais j’étais lasse de leur admiration.

 

Un ultime effort me donna trois filles. Elles se ressemblaient et pourtant elles étaient toutes trois uniques. Pour la première fois, je sentis que le monde auquel j’avais donné vie atteindre la complétude. Beltza, reine des Ténèbres, n’aspirait qu’à dominer ses soeurs. Kösme, souveraine de Lumière, lui opposait une résistance féroce, défendant sans relâche toute forme d’existence. Enfin, Ustizia, l’Observatrice, était la plus sage d’entre mes filles et incarnait l'Équilibre.

 

En contemplant ces trois êtres magnifiques, je su que mon oeuvre touchait à sa fin. Il ne me restait qu’une seule chose à leur offrir, le don de création lui même, bien que je su que cela me coûterait ma propre conscience. C’était un sacrifice que j’étais prête à faire, pour mes filles et pour le monde que j’avais créé, pour Sias’Ganor. ”

 

Extrait des Édits de la Création

Retranscrit par l’historienne Aela Kerambrun

Environ 150 PL (Post-Lutheos)

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Les Trois Soeurs

“ Je n’avais pas fini de pleurer de notre mère que mes soeurs s’appropriaient déjà leur héritage, chacune voulant prouver qu’elle ferait meilleur usage que l’autre de son don pour protéger la Création du Chaos. A cette fin, Kösme puisa dans la Lumière pour créer le Dôme céleste au dessus de Sias’Ganor tandis que Beltza fit appel aux Ténèbres pour créer les Abysses, plongées dans l’obscurité perpétuelle. Je me contentais de les observer, amusée par leurs querelles car ce que mes soeurs ne pouvaient voir, c’était que chacune s’appuyait sur l’oeuvre de l’autre comme fondement de sa propre création. Ainsi le Dôme de Kösme ne pouvait exister sans les Abysses de Beltza, ni les Abysses sans le Dôme, et si l’un des deux venait à disparaître l’équilibre de l’autre serait rompu.

Occupées à leur nouvelles créations, mes soeurs délaissèrent un temps Sias’Ganor, où Lumière et Ténèbres se rencontraient. C’est là que je décidais de m’installer pour faire le deuil de notre mère, loin de leurs dissensions futiles. Bien que la disparition d’Amaï me touchait au plus profond de mon être, je réalisais que sans le Chaos qui l’entourait, la Création n’avait aucun sens; sans la mort, la vie en était tout autant dépourvue; sans la peine, comment apprécier le bonheur? Dans mon deuil, j’entrepris donc de sculpter, dans la roche même de Sias’Ganor, le lit du fleuve Abnahaïm. Peu à peu, le Chaos commença à s’écouler dans ce fleuve du temps, au travers de la Création, rythmant la vie de tous les êtres de Sias’Ganor et donnant naissance aux autres peuples. L’équilibre était maintenu.

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Mon repos ne fut que de courte durée cependant, car mes soeurs ayant parfait leurs créations respectives, s’intéressèrent à nouveau à Sias’Ganor et à ses habitants. Leurs disputes devenaient incessantes et je dû puiser dans les eaux d’Abnahaïm pour établir un nouvel équilibre, l’alternance entre Lumière et Ténèbres, entre le jour et la nuit. Beltza créa l’Ombre pour étendre son influence sur les journées où régnaient Kösme et ses Ominums. Kösme créa la Lune pour étendre son influence sur les nuits où régnaient Beltza et ses créatures, les Empyris et les Qara’Qan. Tapis dans l’ombre, les Gur-Jî ne répondaient à aucune déesse. Pour ma part, je créais les Iraxkloak dans les profondeurs des bois où je me retranchais, refusant de participer plus avant au combat de mes soeurs. Et de là, j’observais.”

 

Extrait des Parchemins de l’Observatrice

Retranscrits par Astri d’Alstad, prêtresse d’Ustizia

Environ 380 AL (Ante-Lutheos)

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Le voyage vers la Mort

Toute vie naît des eaux du Fleuve Abnahaïm et après en avoir suivi les méandres sur Sias’Ganor chacun d’entre nous retrouve inéluctablement ses flots au crépuscule de ses Jours ou ses Nuits. Inépuisable, Abnahaïm nous mène vers notre destinée, charriant chacun d’entre nous au gré de ses caprices mais aussi en fonction de notre habilité à en suivre les différents courants. Au terme de ce voyage, arrivés au Pas des Eaux Perdues, où s’ouvre à la cascade, la mort ne signifie pas nécessairement la fin absolue. Tandis que le Batelier y repêche les plus fervents pour les déposer à bon port aux Havres Sombres de la face cachée de Sias’Ganor, le royaume des morts, les autres, par delà les chutes , retournent au Chaos Primordial.

Extrait de Conjectures sur l’Au-delà

Écrit par Béard De Blahme

713 PL